La démarche
Quinze ans auprès des enfants, vingt ans d'écriture. Clémi Raconte est né au croisement des deux, et tout ce que vous trouverez ici en découle.
Le parcours
J'écris depuis l'âge de douze ans. Le slam d'abord, puis le rap, deux écoles de la phrase qui claque et du mot juste. Et puis la vie m'a mis au milieu des enfants. Cela fait quinze ans que je travaille dans l'animation, et cinq ans que je dirige le centre de loisirs de mon village, dans le Champsaur.
C'est là que mes deux vies se sont rejointes. Au quotidien, je voyais des enfants traverser des choses immenses : une dispute qui déborde, un copain différent, une famille qui change, un mot qui blesse. Et je voyais qu'une histoire bien choisie, au bon moment, faisait souvent plus qu'un long discours. Alors j'ai commencé à écrire les histoires qui manquaient.
Pas de méchant, pas de morale imposée
Une morale, ce n'est pas un gros mot. Une belle histoire porte forcément un sens, et c'est tant mieux. Ce que je refuse, c'est la morale imposée, celle qui tombe d'en haut et dit à l'enfant quoi penser à sa place.
Mes histoires sont construites en quatre actes, sans antagoniste violent. La résolution ne vient jamais d'un combat : elle naît d'une surprise, d'un retournement, d'un regard qui change. Parce que dans la vraie vie d'un enfant, les difficultés ne sont presque jamais des méchants à vaincre, ce sont des situations à comprendre.
Et les fins restent ouvertes. Une histoire qui conclut à la place de l'enfant lui vole la conversation. Une histoire qui s'arrête au bon endroit la lui offre. C'est pour ça que chaque récit se termine sur une porte entrouverte, et que la fiche d'accompagnement existe : pour aider l'adulte à la franchir avec l'enfant, à sa façon.
Des thématiques qui ne sortent pas de nulle part
Je veux accompagner les générations qui viennent, les parents, les professionnels comme les jeunes, à travers les questions qui les concernent ou qui les concerneront un jour. Ces sujets, je ne les invente pas : je les ramasse sur le terrain. Le consentement, les stéréotypes, le harcèlement, la différence, les émotions, les écrans, les nouvelles familles, c'est le quotidien des enfants que j'accompagne. Et ce sont aussi, sans hasard, les sujets dont l'École a la charge : la formation de la personne et du citoyen, l'enseignement moral et civique, la prévention du harcèlement, l'égalité filles-garçons.
C'est cette double racine, le vécu des enfants d'un côté, les repères de l'École de l'autre, qui fait la mallette pédagogique. Elle est clé en main parce que je sais ce que c'est, de préparer une journée pour trente enfants. Et elle est souple parce que je sais aussi qu'aucun outil ne remplace le regard du professionnel qui l'utilise : la mallette propose, l'enseignant dispose.
Écrites dans les Alpes
J'écris dans le Champsaur, une vallée des Hautes-Alpes que j'aime comme on aime un être vivant. Le matin, la lumière descend des sommets bien avant de toucher les prés. L'hiver, le silence de la neige a une épaisseur qu'on n'oublie pas. L'été sent le foin coupé et l'orage qui rôde au loin. Tout cela finit par passer dans les pages.
Une partie de mes histoires sont enracinées ici, dans cette montagne, ses bêtes, ses saisons, ses gens. Les autres se passent partout où il y a des enfants. Mais toutes, sans exception, sont racontées depuis ma forêt conteuse, un décor de bois flotté et de lumières douces, bâti pour leur donner une maison.
« Les histoires qu'on raconte aux enfants aujourd'hui changent le monde de demain. »
C'est la conviction qui tient tout le projet. Le reste, les formats, les fiches, les activités, le cahier, les QR codes, n'est que de l'artisanat à son service.